Samedi 15 mars 2008

"Deux personnes me reçoivent, me questionnent sur mon c.v. L'une d'entre elles ne l'a visiblement pas lu. L'autre si. Elle l'a même épluché et pointe tout ce qui paraît un peu flou. Je dois paraître motivé, c'est ce que l'on m'a seriné. A vrai dire, ce qui m'intéresse le plus dans leur proposition, c'est le chèque à la fin du mois." [p. 34]

Pas besoin de c.v. lors de mon premier emploi : les patrons locaux démarchaient pour trouver du personnel. C'était la fin des années 60, en province. Ils prenaient le risque : pas de tests, pas d'entretiens. Une période d'essai : concrètement, il nous était donné la possibilité de faire nos preuves. Nous entrions dans une équipe : l'entreprise, et y trouvions un intérêt commun.

Les temps ont changé. Plus question d'entrer en entreprise. Maintenant, on fait carrière. Carrières de directeurs financiers qui arrondissent les profits du groupe en imposant des délais de paiement aux clients, au risque de mettre ces derniers en difficulté. Carrières de DRH qui spéculent sur les espoirs d'insertion d'un surplus de main d'oeuvre ...

Toute une force de travail se trouve malheureusement parasitée par ces nouveaux collaborateurs. Comment réagir ? Avec humour, comme Hervé Dauphin qui envoie son cv sous forme de
lettre ouverte à Monsieur Désert 1 ? Ou, plus nostalgiquement, en retrouvant dans un ouvrage des années 60 une réflexion sur la philosophie dans le monde de l'entreprise :

"L'entreprise moderne ne ressemble pas plus à celle siècle dernier que la grande société qui rase une forêt en Afrique provoquant ainsi la destruction de l'humus et la latéralisation du sol n'est comparable au pionnier isolé qui, lorsqu'il coupait trois arbres, voyait sa frorêt reprendre aussitôt sa figure immuable."2

Combien de chômeurs sont coupés, chaque année, par des responsables du recrutement en entreprise ?

Gildas


1 - Dauphin, Hervé - "Lettre ouverte à Monsieur Désert"  : http://capreliance.wordpress.com/2007/11/27/art-moderne-et-emploi/#comment-11
 2 - Berger, Gaston -  "Le chef d'entreprise, philosophe en action" -  conférence faite le 8 mars 1955 - Prospective n° 7 - PUF

Par Gildas - Publié dans : Travail
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En juillet 2005, Charles Mérigot publiait aux éditions de la Ramonda "Le dit de la cymbalaire". Il y évoquait une descente aux enfers suite à une longue période de chômage.
Cet ouvrage, préfacé par Jean-Baptiste de Foucaud, a été accueilli avec intérêt par de nombreux lecteurs, de diverses origines. L'auteur a été invité à plusieurs colloques, participé à des émissions de radio.
Le témoignage de Charles Mérigot fait écho à mon vécu, car il pose des questions essentielles sur notre condition sociale. Souvent, face aux "coups" ou aux "examens" de la vie, nous restons sans réaction.
Je suis convaincu que, ce blog, sera un lien, entre nous, qui ne restons pas indifférents à un mouvement qui, en favorisant l'exclusion,  accentue le caractère schizoïde de notre société.
Depuis janvier 2008, Hervé Dauphin nous propose ses critiques de films et de livres - relatifs au chômage et à l'exclusion - dans les rubriques "Films vus" et "Livres lus"

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