Samedi 1 mars 2008
Voici comme promis la suite des « thermomètres ». Le texte a été écrit par Charles Mérigot en janvier 2005.
 
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L'homme continuait à la radio. Les biens sont évalués en fonction de ces thermomètres définis par les lois du marché. L'offre et la demande.
C'est pratique les thermomètres. On compare la température de la glace, de la vapeur d'eau et l'on gradue en centièmes. Ensuite pour connaître la température d'une pièce, il suffit de transporter son thermomètre comme on transporte son porte-monnaie.
Bien sûr avec un tel système, on ne peut pas connaître la température du soleil car le thermomètre fondrait.
Bien sûr une pièce à 20 degrés plus une pièce à 20º, cela ne donne pas deux pièces à 40  mais avec les euros si, c'est le miracle de ces degrés d'argent qui par enchantement deviennent des unités qu'on peut additionner.
Je me disais qu'un paysan produisant mille tonnes de patates, ce n'est peut être pas égal à mille paysans produisant une tonne de patates. Car pour produire mille tonnes de patates ; il lui faut un tracteur, des engrais, des camions...
Mais l'homme à la radio m'expliquait que j'avais tort.
Et il me convainquait. Je me disais que c'est bien ce qui se passe en hiver. Les clochards se collent sur les bouches de métro ou contre les murs des maisons des riches pour profiter de la chaleur.
Je me disais qu'il avait raison l'homme de la radio. Il faut que l'Etat fasse tout pour encourager les riches à chauffer davantage leurs maisons. Quand ils entrouvriront quelques instants leurs fenêtres, un peu plus de chaleur viendra jusqu'aux pauvres. Si les entreprises licencient, pour rester compétitives, elles enrichissent tout le pays. En quelque sorte, en licenciant, elles créent des chances d’emploi ! Il faudrait qu’elles licencient encore plus pour créer ainsi plus de richesses qui créeront encore plus d’emploi !
Mon père disait, quand il était de bonne humeur et qu’il entendait ce genre de raisonnement : "oui, je sais, il faut leur couper la tête pour leur apprendre à vivre".
Par Gildas - Publié dans : Economie
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En juillet 2005, Charles Mérigot publiait aux éditions de la Ramonda "Le dit de la cymbalaire". Il y évoquait une descente aux enfers suite à une longue période de chômage.
Cet ouvrage, préfacé par Jean-Baptiste de Foucaud, a été accueilli avec intérêt par de nombreux lecteurs, de diverses origines. L'auteur a été invité à plusieurs colloques, participé à des émissions de radio.
Le témoignage de Charles Mérigot fait écho à mon vécu, car il pose des questions essentielles sur notre condition sociale. Souvent, face aux "coups" ou aux "examens" de la vie, nous restons sans réaction.
Je suis convaincu que, ce blog, sera un lien, entre nous, qui ne restons pas indifférents à un mouvement qui, en favorisant l'exclusion,  accentue le caractère schizoïde de notre société.
Depuis janvier 2008, Hervé Dauphin nous propose ses critiques de films et de livres - relatifs au chômage et à l'exclusion - dans les rubriques "Films vus" et "Livres lus"

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