Voici comme promis la suite des « thermomètres ». Le texte a été écrit par Charles Mérigot en janvier 2005.
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L'homme continuait à la radio. Les biens sont évalués en fonction de ces thermomètres définis par les lois du marché. L'offre et la demande.
C'est pratique les thermomètres. On compare la température de la glace, de la vapeur d'eau et l'on gradue en centièmes. Ensuite pour connaître la
température d'une pièce, il suffit de transporter son thermomètre comme on transporte son porte-monnaie.
Bien sûr avec un tel système, on ne peut pas connaître la température du soleil car le thermomètre fondrait.
Bien sûr une pièce à 20 degrés plus une pièce à 20º, cela ne donne pas deux pièces à 40 mais avec les euros si, c'est le miracle de ces degrés d'argent
qui par enchantement deviennent des unités qu'on peut additionner.
Je me disais qu'un paysan produisant mille tonnes de patates, ce n'est peut être pas égal à mille paysans produisant une tonne de patates. Car pour produire mille
tonnes de patates ; il lui faut un tracteur, des engrais, des camions...
Mais l'homme à la radio m'expliquait que j'avais tort.
Et il me convainquait. Je me disais que c'est bien ce qui se passe en hiver. Les clochards se collent sur les bouches de métro ou contre les murs des maisons des
riches pour profiter de la chaleur.
Je me disais qu'il avait raison l'homme de la radio. Il faut que l'Etat fasse tout pour encourager les riches à chauffer davantage leurs maisons. Quand ils
entrouvriront quelques instants leurs fenêtres, un peu plus de chaleur viendra jusqu'aux pauvres. Si les entreprises licencient, pour rester compétitives, elles enrichissent tout le pays. En
quelque sorte, en licenciant, elles créent des chances d’emploi ! Il faudrait qu’elles licencient encore plus pour créer ainsi plus de richesses qui créeront encore plus
d’emploi !
Mon père disait, quand il était de bonne humeur et qu’il entendait ce genre de raisonnement : "oui, je sais, il faut leur couper la tête pour leur apprendre à
vivre".